Kaptascope : Vinylized

Kaptascope : Vinylized

On en fait un foin du revival du disque, alors qu’en fait, il n’existe même pas. Les machines sont les mêmes, mais on ne prend plus le temps d’en faire sortir de la qualité, qui découlait, question de réglages, de la quantité.

Alors, il se passe quoi, qu’est-ce qu’il nous reste ? Le vieux matos. Audiophilie rime maintenant avec « du vieux mais bien conservé » ou « du neuf ok mais faut que ça soit comme avant ». Autant dire qu’on s’arrache les cheveux à vouloir des fleurs dans les oreilles.

On se dit, allez, je la tente, ça a l’air chouette. Paf ! Une fois sur deux, au mieux de la paille, au pire des ronces. C’est pas équilibré, la balance est mauvaise, même le disque a l’air tordu.
Bon, pourtant y’avait un gros sticker, là, qui me disait que c’était conforme et au top. Les ingés son n’ont plus le temps, l’envie ou le talent. Et du coup les musiciens ont l’air nuls.

Mais ça, les enfants, c’était sans compter sur des groupes comme Vinylized. Qui en ont bouffé, bouffé, bouffé, et pis tu peux y aller, sur ton vieux teppaz en mono ou ta platine Thorens, c’est pareil, ils font de la musique à vivre.

Ils sont devenus le sillon à force de le courir. Une avalanche d’électricité statique qui fait résonner l’univers. Quatre éléments qui rendent à ce que certains béotiens pensaient mort voire pire ! suranné, les lettres de noblesse que cette musique mérite.

Post Funk — mais c’est trop temporalisé. Je dirai « Beyond Funk » parce que c’est à l’autre bout de l’alambic, au savant goutte à goutte, avec un maitre-distilleur invisible invoqué et incarné dans chacun des membres.

Pour avoir un bon produit à la sortie, il te faut inévitablement du bon à l’entrée. Et ça n’en manque pas, je vous l’assure, avec quelque notes prog qui s’affirment à l’écoute attentive.

J’étais tellement content d’écouter ça en écrivant ce que je suis en train de vous dire, que j’ai été obligé d’écourter là, maintenant, avant que le sillon s’inverse et qu’on parte vers l’extérieur, sans pourtant se sentir à l’envers.

J’arrivais à la limite même d’aller mettre un bazar monstre dans ma discothèque pour explorer tout ce à quoi ça me fait penser et vous en parler… Je laisse donc tourner la galette pour vous, c’est Vinylized, sous le saphir du Kaptascope.

Léopold Mathy